Hier soir à Stuttgart, Julien Epaillard a signé un barrage d’anthologie pour remporter le German Master en compagnie de son fidèle Donatello d’Auge. Chouchou du public, Richard Vogel a dû se contenter de la deuxième place avec Cloudio. Le Néerlandais Bas Moerings a complété le podium avec Kivinia.

Magique ! C’est le terme que l’on peut employer à l’issue du barrage du German Master qui s’est déroulé hier soir à Stuttgart.Les douze meilleurs cavaliers à l’issue des deux épreuves qualificatives s’étaient retrouvés pour disputer la prestigieuse épreuve du German Master, que tout cavalier rêve d’accrocher à son palmarès.

A l’issue du parcours initial, six paires sont parvenues à se qualifier pour le barrage. Kevin Staut (7ème) et Roger-Yves Bost (10ème), respectivement associés à Kannonqulan (Kannan x Quantum) et Giorgio de la Batia (Ideal de la Loge x Mr Blue), en ont été écartés à cause d’une faute.

Ce barrage a offert un spectacle absolument exceptionnel. Ouvreur en compagnie de Cloudio (Casall x Cassini I), le local Richard Vogel, favori du public, a pris des virages extrêmement serrés dont il a le secret pour achever son parcours en 32’96, mettant une énorme pression sur ses poursuivants. Daniel Deusser, en selle sur la sœur utérine d’Emerald Pepita Van’t Meulenhof (El Torreo de Muze x Carthago), a échoué sur l’entrée du double où la jument a été surprise par le virage extrêmement serré pris par l’Allemand. Derrière lui, Sophie Hinners a elle aussi joué le jeu. Associé à Lommers (Carrera VDL x Quasimodo Z), elle a écarté davantage devant l’entrée du double que son compagnon mais a quasiment fait jeu égal sur le reste du barrage. Une belle performance pour ce cheval de 9 ans qu’elle ne monte au niveau international que depuis début septembre et qui faisait ses débuts à ce niveau.

Peder Fredricson s’est ensuite élancé avec Vroom de la Pomme Z (Vigo d’Arsouilles x Untouchable), neveu de l’étalon performer Padock du Plessis et très performant tout au long de la saison. Auteur d’un parcours fluide, il est parvenu à s’intercaler entre les deux Allemands, à un peu plus d’une seconde de la tête. Brillant depuis le début du concours, le Néerlandais Bas Moerings a pris le départ avec la véloce Kivinia (I’m Special de Muze x Calido I). Comme les concurrents précédents, c’est le virage sur l’entrée du double qui lui a fait perdre la tête du classement provisoire malgré un fantastique barrage.

Il ne restait alors plus qu’un concurrent pour empêcher Richard Vogel de l’emporter à domicile, mais non des moindres puisqu’il s’agissait du Tricolore Julien Epaillard, qui avait sellé pour l’occasion son numéro un mondial Donatello d’Auge (Jarnac x Hello Pierville). S’il a connu un léger sursis sur le numéro deux, le couple a signé un barrage absolument époustouflant, tournant au plus court et prenant tous les risques pour le plus grand bonheur du public allemand qui lui a offert une belle ovation en découvrant son chronomètre de 31’39, soit une seconde et demie de mieux que Vogel qui semblait déjà difficilement battable. Julien Epaillard s’est offert son premier German Master : « J’ai vu le barrage de Richard Vogel, je savais que c’était l’homme à battre. J’ai regardé son barrage attentivement. Je me suis dit que si je faisais le même nombre de foulées que lui je serais plus rapide car mon cheval est plus rapide au sol. J’avais hésité à faire six foulées sur le dernier, comme j’ai eu une super distance sur l’avant-dernier je me suis lancé. C’était long mais ça a fonctionné. J’ai eu un petit sursis sur le deux, je pensais que mes sept foulées seraient beaucoup plus longues mais comme je suis allé à l’intérieur c’était presque près, ça nous a réveillé ! J’ai eu une très bonne distance sur le virage du double, ce qui m’a permis de bien soigner le virage à main gauche d’après que je n’aimais pas trop. J’ai pu faire mes sept foulées derrière alors que si j’avais tourné plus court sur celui-là j’aurais été obligé de faire une foulée de plus. J’ai réussi à bien respecter mon plan et le cheval a été génial. Donatello est un cheval incroyable, il n’en met pas plein la vue, il fait son job mais il est extrêmement efficace et il a confiance en moi, c’est une relation particulière avec ce cheval. Ici à Stuttgart il y a toujours une chouette ambiance, dans les concours en Allemagne il y a des gens de chevaux, l’atmosphère est incroyable. Les gens se déplacent pour voir du spectacle et on essaye de leur en donner. 

Le programme a été un peu compliqué ce week-end. J’ai appris juste avant l’épreuve de Fringan jeudi soir que pour pouvoir sauter le Grand Prix Coupe du Monde il fallait finir une épreuve barème A alors que cette épreuve était de type barème C. Donatello avait déjà sauté et j’avais déjà fait mes engagements ce qui m’a un peu perturbé dans mon programme. J’avoue que je ne sais pas encore si je vais mettre Donatello ou Fringan dans le Grand Prix Coupe du Monde. J’ai prévu d’engager Fringan samedi et Donatello dimanche avec possibilité de changer. Fringan a fait deux épreuves un peu en allant même si je n’étais pas à fond. J’étais 6ème hier et 2ème aujourd’hui. J’ai senti que les derniers sauts se dégradaient un peu. Je veux que les deux sautent trois fois car ils ne vont pas avoir de concours avant Genève pour se mettre bien dans le coup et que je n’ai plus qu’à les maintenir en condition avant Genève. C’est le même sol qu’à Bâle, un sol qui correspond vraiment bien à Donatello et j’ai envie de le mettre dimanche. Fringan a été super, il n’a pas touché une barre du week-end, il est formidable mais pour le moment quand je cours j’ai encore un peu de travail pour ne pas dégrader le saut, ce qui n’est pas le cas de Donatello. Il va peut-être se décaler un peu et anticiper les virages dimanche mais normalement le saut ne se dégrade pas trop quand je fais un barrage alors que j’ai peur que Fringan soit un poil à plat dimanche suite aux deux épreuves courues un peu à plat. », confiait le vainqueur.

Interrogé sur la suite de la saison indoor, le Tricolore nous a annoncé qu’elle allait être riche : « Je vais participer à toutes les étapes de Coupe du Monde. Je vais faire Rouen avec Easy Up et Acatitla et débuter Le Coultre. Je vais ensuite aller à Opglabbeek deux jours avec Guarana et Le Coultre pour pouvoir encore me mettre avec lui et si besoin rester un troisième jour. L’idée est de l’emmener en troisième cheval à Genève. J’emmènerai à La Corogne Acatitla et Easy Up qui iront aussi à Londres et à Malines si tout se passe comme je l’espère avec Le Coultre ce sera peut-être son premier Grand Prix Coupe du Monde. Et ensuite j’ai ma place pour le début d’année et je ferai toutes les étapes. J’adore les indoors, j’adore ce circuit, j’ai ma place et j’en profite, je ne la laisse pas ! ».

Ce soir, les cavaliers ont rendez-vous pour une épreuve de prestige, le prix iWest, disputé en deux manches et dernière épreuve majeure avant le Grand Prix Coupe du Monde de dimanche après-midi.

Résultats complets du German Master

Plus tôt dans la journée, Philipp Schulze Topphoff s'était adjugé la deuxième épreuve qualificative pour le Master (1,55m) avec Carla NRW (Comme Il Faut x Potsdam), devançant deux cavaliers français : Julien Epaillard, en selle sur Fringan de Vesquerie (Mylord Carthago x Diamant de Semilly) et Roger-Yves Bost, associé à Ballerine du Vilpion (Baloubet du Rouet x Quidam de Revel). De son côté, Kevin Staut s'est classé 5ème avec sa fidèle Visconti du Telman (Toulon x Dollar du Murier)

Résultats complets de l'épreuve

Photo : Julien Epaillard et Donatello d’Auge, vainqueurs du German Master – Crédit photo : Claire Simler